
Un propriétaire qui met en vente un appartement classé F au DPE ne négocie plus dans les mêmes conditions qu’il y a deux ans. L’étiquette énergétique pèse sur le prix, le délai de vente et même la capacité à trouver un acquéreur finançable.
Le marché immobilier en 2026 fonctionne sur cette logique : chaque contrainte réglementaire, chaque mouvement de taux redistribue les cartes entre vendeurs, acheteurs et investisseurs. Comprendre ces mécanismes permet de prendre des décisions plus solides, que l’on achète, vende ou loue.
DPE et interdictions de location : ce qui change concrètement pour les propriétaires bailleurs
Depuis le 1er janvier 2025, tout logement classé G est considéré comme indécent. Aucun nouveau bail ne peut être signé pour ces biens, et leurs loyers sont gelés. Les logements classés F restent louables en 2026, mais l’interdiction de location des F tombe au 1er janvier 2028, avec un gel des loyers déjà en place.
Un arrêté du 26 août 2025 a modifié le coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE, passé de 2,3 à 1,9. Tous les diagnostics réalisés depuis le 1er janvier 2026 utilisent ce nouveau coefficient. En pratique, certains logements chauffés à l’électricité gagnent une classe, passant par exemple de F à E.
Pour un bailleur, la situation appelle une vérification rapide : si le DPE date d’avant 2026, il peut être utile de le refaire avec le nouveau coefficient. Un bien qui bascule en E échappe à l’échéance de 2028 et retrouve sa capacité locative sans travaux. En revanche, ceux qui restent en F après recalcul doivent anticiper des travaux de rénovation énergétique ou envisager la vente, car un bien interdit à la location perd une part significative de sa valeur.
On peut tout savoir sur Partimmobilier pour suivre les annonces et les prix selon les classes énergétiques, ce qui donne une idée concrète de l’impact du DPE sur la négociation.

Neuf en crise, ancien en stagnation : où se situent les prix immobiliers en 2026
Le marché du neuf traverse une zone difficile. Un observatoire professionnel relève 23,6 % de baisse des logements neufs réservés au deuxième trimestre 2026 par rapport à 2025. Les ventes en bloc reculent encore plus fortement, au-delà de 40 %.
Dans l’ancien, la situation est plus nuancée. Les volumes de transactions repartent progressivement, mais les prix ne suivent pas une trajectoire uniforme. Les disparités territoriales sont marquées :
- Les grandes métropoles affichent une relative stabilité des prix, portée par une demande structurelle sur les biens bien situés et bien classés au DPE.
- Les communes périurbaines attirent des acheteurs qui arbitrent entre surface habitable et budget, notamment les primo-accédants repoussés hors des centres-villes.
- Les zones rurales ou les villes moyennes peu dynamiques subissent des corrections de prix plus nettes, avec des délais de vente qui s’allongent.
Un bien en bon état énergétique, dans une commune avec des services et des transports, se vend plus vite et au prix. À l’inverse, un logement énergivore dans un secteur peu tendu cumule les handicaps : décote à la vente, difficulté à obtenir un financement bancaire pour l’acquéreur, et perspective de travaux obligatoires.
Taux de crédit immobilier : la fenêtre se referme-t-elle à la rentrée 2026
Après une période de détente relative, les taux moyens ont remonté sur les durées de 20 et 25 ans. L’OAT à 10 ans se situe à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis plusieurs années, ce qui tire mécaniquement les barèmes bancaires vers le haut.
Pour un acheteur, la question n’est pas tant le niveau absolu du taux que sa capacité d’emprunt réelle. Une hausse de quelques dixièmes de point réduit le montant empruntable de plusieurs milliers d’euros sur 25 ans. Les banques restent sélectives : apport personnel, stabilité professionnelle et taux d’endettement sont scrutés.
Les retours varient sur ce point selon les régions et les établissements, mais on observe globalement que les dossiers bien préparés (apport d’au moins 10 %, situation stable, bien en bon état) passent sans difficulté. Les profils plus fragiles ou les projets sur des biens nécessitant de lourds travaux rencontrent davantage de refus.
Prêt à taux zéro : un levier qui reste actif
Le PTZ continue de jouer un rôle pour les primo-accédants. Il permet de financer une partie de l’acquisition sans intérêts, ce qui compense partiellement la remontée des taux. Les conditions d’éligibilité (plafonds de ressources, zones géographiques, type de bien) méritent d’être vérifiées en amont du projet, car elles évoluent régulièrement.

Acheter ou vendre en 2026 : les arbitrages concrets à poser
Côté vendeur, la priorité est de présenter un bien avec un DPE à jour et, si possible, des travaux déjà réalisés ou chiffrés. Un audit énergétique crédible rassure l’acheteur et fluidifie la négociation. Mettre en vente un bien classé F ou G sans stratégie de prix revient à subir une décote subie plutôt que maîtrisée.
Côté acheteur, la sélectivité prime. Le marché offre davantage de marge de négociation qu’en 2021 ou 2022, mais cette marge se concentre sur les biens mal positionnés (prix trop élevé, DPE défavorable, emplacement secondaire). Sur les biens de qualité dans les zones tendues, la concurrence reste réelle.
Quelques critères à vérifier systématiquement avant de s’engager :
- La classe DPE effective avec le nouveau coefficient de conversion (diagnostic postérieur au 1er janvier 2026).
- Le montant des charges de copropriété et les travaux votés ou à venir, notamment ceux liés à la rénovation énergétique collective.
- La capacité d’emprunt réelle, simulée avec les taux actuels et non ceux d’il y a six mois.
- Le potentiel locatif du bien si l’objectif est un investissement, en tenant compte des interdictions de location par classe DPE.
Le marché immobilier en France reste fragmenté : ce qui est vrai à Paris ne l’est pas à Saint-Étienne, et les tendances nationales masquent des réalités locales très contrastées. Analyser le marché à l’échelle de la commune ou du quartier reste le réflexe le plus utile avant toute décision d’achat ou de vente.